Le Maghreb : Une destination de choix pour l’outsourcing banque et assurance


carte politique nord ouest de l'afrique

Pour poursuivre dans notre rubrique sur l’offshoring en assurance, je vous présenterai dans cet article un rapport de Janvier 2011 du Ministère de l’économie et des finances (Direction des études et des prévisions financières) du Maroc intitulé : " Le secteur de l’offshoring au Maroc : Les opportunités à saisir dans le marché de l’externalisation des services financiers ". Ce rapport s’interroge sur la pertinence et le positionnement de l’offre d’offshoring au Maroc dans une  perspective de développement des services financiers délocalisés.  Cela n’étonnera probablement personne que le Maroc soit une destination à prendre en compte en matière d’offshoring pour les assureurs et banques Françaises comme d’ailleurs à plus ou moins court terme une bonne partie des États du Maghreb, et probablement un jour l’Afrique Centrale et de l’Ouest : On y parle notamment le Français :-) .

Un processus qui débute dès les années 70 et qui ne fait que se développer

Après l’externalisation dans un premier temps d’activités administratives de base, les années 80 et surtout 90 voient progresser le recours à l’externalisation pour des activités comprenant notamment le développement logiciel, le back-office, les centres d’appel, ainsi que déjà « la plupart des processus de paiement et de transaction ». Mais de toute évidence, il reste encore des perspectives de délocalisation notamment pour des domaines aussi différents que la gestion des actifs, l’audit, l’analyse financière, les process comptables, le juridique et les RH.

Captive VS Outsourcing

Comme nous l’avons vu dans le billet précédent, l’externalisation peut prendre deux grandes voies :
- La délocalisation (Captive offshoring)
- La sous-traitance via des BPO (Business process Outsourcing), IE offshore outsourcing
Dans les deux cas, le but de l’opération est bien évidemment une réduction des coûts. C’est aussi dans cette perspective de l’externalisation qu’il faut bien sûr comprendre une partie des licenciements qui affectent actuellement les secteurs de la banque et de l’assurance.

Les services financiers dans le peloton de tête pour l’offshoring

Contrairement peut-être à certaines idées reçues, les services financiers figurent en première place par rapport aux autres secteurs en matière d’externalisation comme vous pouvez le constater au vu du graphique suivant, qui détaille les données d’externalisation par secteurs pour l’année 2008 :

D’après une étude du cabinet  de consulting Frost & Sullivan ; les SPE (services partagés et l’externalisation) représentaient 930 milliards de dollars en 2008 avec à ce moment là des prévisions d’évolution pour ce volume à 1 430 milliards de dollars pour la fin  2010, sachant qu’en 2008, les BFSI (Services financiers et assurances) représentaient 273 milliards de dollars, soit presque 30% du montant total des SPE (shared services and business process outsourcing ). Sans surprise, l’Inde dont nous avons déjà parlé apparaissant comme la première destination  en matière d’externalisation de services financiers devant l’Irlande, Singapour, la Malaisie, le Mexique, la République Tchèque, la Pologne, les Philippines et le Canada. Mais l’étude de F&S mentionnait déjà Dubaï comme un marché à fort potentiel pour l’externalisation des services financiers. Nous sommes en 2008, nous tenterons de voir dans le prochain article comment la situation a évolué à ce jour.

L’inde bientôt concurrencée?

Pour déterminer les choix en matière d’implantation il est traditionnel de prendre en compte les coûts, les compétences ainsi que la réglementation (fiscale notamment ) ; l’Inde à ce titre présente bien sûr des atouts non négligeables comme nous l’avons vu dans les articles précédents.

Quelques points faibles

Si notre étude Marocaine de 2011 reconnaît bien que « Le marché indien de services financiers externalisés est en pleine consolidation et les fournisseurs prospèrent et améliorent la chaîne de valeur, et étendent leur présence sur le marché national afin de renforcer leurs capacités de prestation de service au niveau international. », c’est pour affirmer ensuite que l’Inde non seulement va devoir affronter la concurrence d’un challenger présentant vraisemblablement un fort potentiel (La Chine), mais présenterait par ailleurs quelques signes qui peuvent laisser supposer qu’elle pourrait être fortement concurrencée dans l’avenir, (n’oublions pas cependant que notre document présente peut-être un point de vue quelque peu biaisé sur la question) : l’Inde présentant un « fort taux d’attrition (taux de churn), une faible infrastructure, des salaires en constante augmentation, ainsi qu’une monnaie qui s’apprécie de manière croissante face au dollar ».  Dans cette perspective la concurrence de la Chine (pour notamment l’externalisation des services IT, la R&D et les services d’approvisionnement), mais aussi des BPO francophones devient une option crédible.

à suivre

à venir, la suite de l’analyse de l’Offshoring au Maroc ainsi que la présentation d’un des rapports
publiés par Deloitte à l’occasion de l’Annual Shared Services and Business Process Outsourcing Conference  qui s’est déroulé en septembre dernier en Espagne « Offshoring : Rent VS Own » qui vous l’aurez compris concerne les modalités d’offshoring.

Source : Le secteur de l’offshoring au Maroc : Les opportunités à saisir dans le marché de l’externalisation des services financiers